Branimir Staletović (Skopje, 1987), analyste au Centre d’études sur l’Europe du Sud-
Est de l’université de Graz, mène des recherches sur les dynamiques des gouvernements
autoritaires dans les Balkans, les régimes hybrides et la manière dont le pouvoir
politique façonne l’espace urbain. Son nouvel ouvrage, “Urban Megaprojects and the
Architecture of Competitive Authoritarianism”, explore la transformation de Skopje
comme exemple paradigmatique d’urbanisme autoritaire, de corruption et de
clientélisme politique. Les manifestations massives en Albanie contre le modèle de
développement touristique ou le mouvement étudiant serbe né à la suite de
l’effondrement d’une gare démontrent le lien étroit entre les problèmes urbains et les
luttes démocratiques dans cette région d’Europe.
Le Courrier des Balkans (CdB) : Dans vos analyses sur l’urbanisme, vous utilisez le concept d’« autoritarisme compétitif ». Pourriez-vous expliquer en quoi il consiste?
Branimir Staletović (B.S.) : Il s’agit d’un concept qui décrit des régimes qui ne sont ni totalement autoritaires ni pleinement démocratiques : il y a des élections, des partis d’opposition existent et des changements de gouvernement sont possibles. Cependant, les règles du jeu sont biaisées en faveur du parti au pouvoir grâce au contrôle des médias, des tribunaux et des ressources de l’État. Ces régimes consacrent une grande partie de leur énergie à gérer cette insécurité structurelle. C’est l’idée sur laquelle repose mon livre, qui examine la construction de l’environnement urbain et des mégaprojets sous ces régimes.
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L’article « Dans les Balkans, les projets urbains consolident les régimes autoritaires » est apparu en premier sur Le Courrier des Balkans.

